Ma Leshan crée les figurines d’un grand nombre de personnages comme Snoopy, Garfield ou ceux du Roi lion, et travaille pour de nombreuses multinationales comme Disney ou Macdonald, qui sont de fidèles clients. Mais le vieil homme regrette un peu aujourd’hui que tous ces produits proviennent de brevets étrangers. Maintenant, à l’automne de sa vie, il désire réaliser quelque chose de lui-même. Originaire du pays qui a aussi vu naître Sun Yatsen, il veut rendre hommage au fondateur de la République chinoise en créant l’image d’un précurseur issue de son coeur.
Sous titrage: Ma Leshan, créateur de figurines : « Tout le monde est habitué à voir l’image de Sun Yatsen de cette manière. C’est extraordinaire. Avant, toutes les statues qu’on a réalisées sur lui ont une expression sérieuse et grave. Mais maintenant, la situation du pays s’améliore ; il doit donc être content, il doit sourire. »
Depuis 1986, Ma Leshan passe la plupart de son temps dans cette maison construite par ses ancêtres. Le week-end, seulement, il se rend à Hongkong avec sa femme et son fils. Cela fait déjà une vingtaine d’années que, chaque fois qu’il revient de Hongkong, il rapporte une quantité de valises, grandes ou petites. Parfois, il revient avec un camion entier. Il veut ramener à Shayong toutes ses affaires restées à Hongkong.
Maintenant, dans cette maison s’entassent plus de 12.000 livres, 30.000 figurines de Snoopy et plusieurs dizaines de milliers de jouets en tous genres. Il y a peu de temps, Ma Leshan a voulu mettre un d’ordre dans sa collection de Snoopy, dans l’intention d’une exposition au musée du Guangdong. Outre la création des Gongzai, le plus grand plaisir de Ma Leshan, c’est d’acheter des jouets et des livres. Quand la plupart des gens vont faire les magasins pour acheter de la nourriture ou des vêtements, Ma Leshan, lui, n’a qu’un seul but : acheter des jouets. Le retour de Ma Leshan à Shayong a apporté une note de douce fantaisie à cette contrée plutôt calme et pondérée.
Avant, tous les habitants de Shayong portaient le même nom de famille, Ma. Un vieux lien de parenté relie donc tout le monde. Peu à peu, de plus en plus de gens sont partis ailleurs gagner leur vie. La population du village diminue. Et maintenant, la plupart des gens emménagent dans de nouvelles maisons. Dans la mesure où, dans la plupart des cas, leurs propriétaires sont partis vivre à l’étranger, on n’y voit désormais que très peu de maisons anciennes.
Grâce à l’enthousiasme qu’elles suscitent, les oeuvres de Ma Leshan ont pu passer les portes du petit atelier de Shayong pour s’exposer devant le grand public. En septembre 2005, la ville de Zhongshan a monté une « usine à rêves » comme on dit en chinois, pour exposer les pièces de Ma Leshan. Très ému, le vieillard a ressorti toutes les ?uvres qu’il a réalisées dans sa vie. La première est une tirelire en forme de petit cochon, créée en 1954.